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N° 41 – mai 2017

«  Je suis une voix de la paix parce que le spectacle de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants jetés sur les routes pour fuir la guerre est intolérable ! Nous sommes de la même humanité, et leur destin est notre avenir. Je suis une voix de la paix parce que les attentats ne doivent pas donner raison à ceux qui font de la mort leur raison de vivre… engageons-nous en faveur d’un monde fraternel, ouvert à l’autre ».                     Du manifeste des femmes pour la paix.

 

Comme s’enfilent les perles du collier, jour après jour les « voix de la paix » ont résonné à leur manière au cours de ce mois de mai.

« Voix de la paix », ces 300 jeunes des établissements catholiques de la Manche rassemblés pour une grande marche du pardon et de la paix au départ de l’arbre de la liberté à Utah Beach. Sous un soleil éblouissant, au cœur de la sérénité d’un lieu qui avait  connu le chaos de 1944, les jeunes ont écrit  en lettres humaines le mot PAIX sur le sable où  tant de sang fut versé.  Nous avons prié, marché, partagé avec eux pendant tout le parcours de cette journée jalonnée de témoignages, de célébrations, de chants et de danses.

« Voix de la paix » la cinquantaine de petits d’une école de Caen  sagement assis dans l’église et écrivant  sur leur colombe de la paix des messages vers la Syrie, l’Afrique, la famille.

« Voix de la paix » les enfants d’une école de Neuilly  rencontrés presque par hasard et restant avec nous pour prier les Vêpres en ce jour de la fête de la Visitation. Clin d’œil de l’Esprit quand nos voix s’unissent à leurs voix.

« Voix de la paix » les 600 marcheurs de la paix, long fleuve humain s’écoulant  de Vindefontaine à Sainte Mère Église pour cette traditionnelle marche ouvrant les manifestations des fêtes de la libération, de la liberté. « Ouvrons des chemins de paix » nourrissait la journée  comme la sève nourrit l’arbre  et guidait les pèlerins de la paix sur ce chemin  réel et symbolique. Réel dans les vingt kilomètres du parcours, symbolique dans cette invitation intérieure où chaque pas manifeste le désir profond « d’ouvrir un chemin de paix ». De l’envoi le  matin par Mgr. Le Boulc’h à la célébration œcuménique de l’arrivée, le chemin a été source d’émerveillement par la beauté des paysages, la richesse des rencontres, la convivialité des étapes. Sur la place de Sainte Mère, les grappes de ballons multicolores ont envoyé vers le ciel les messages de paix écrits par les  participants. Pas de fête sans repas, au marché couvert, décoré de dessins d’enfants « dessine-moi la paix »  ont pouvait entendre tard dans la soirée les chants et la musique dans une farandole effrénée. Belle journée !

« Ouvrons des  chemins de paix » balisera le Jardin de la Paix. L’actualité nous presse. Le jardin proposera une série de lettres comme si on écrivait à un homme politique, un chef d’entreprise, un artiste, un voisin … pour qu’il ouvre avec nous un chemin de paix. Déjà des enfants se sont exprimés :

         Monsieur le Président,

         Aujourd’hui je voudrais vous parler d’une valeur la plus importante du monde : la Paix…  J’aimerais que la France devienne un exemple et c’est pourquoi je vous donne l’avis de jeunes Français, pour vous ils ont écrit leurs conseils…..                   Alexandre

Sr. Anne-Françoise Angomard

 

Les jeunes sur la plage d’Utah Beach  ÿÿÿÿÿ

 

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« Pèlerins de la Paix ».

 

C’est le thème qui continue à revenir dans mon esprit et dans mon cœur. Le cœur de notre mission à Sainte-Mère-Eglise-la communauté de la Maison de la Paix. J’ai l’habitude de commencer à saluer et accueillir les touristes et les visiteurs dans l’église avec ces salutations simples « accueillir les pèlerins de la paix. » D’autres répondront, « J’aime ça ». Cela devient une ouverture pour la conversation possible pour expliquer qu’il n’y a plus que des touristes ou des visiteurs, mais  ils sont maintenant des « pèlerins de la paix », soulignant l’importance de ce lieu. Sainte- Mère Église  la première ville libérée en France le 6 juin 1944. L’événement n’est pas seulement à cause de la guerre, mais la présence de la violence qui est   source de toute guerre. La libération est de mettre fin à la violence afin que la paix puisse commencer. La paix commence, chez nous, dans notre cœur.

Cette église est nommée Notre-Dame de la paix. La paix est étroitement liée à la réconciliation. Nous prions pour tous dans cet endroit, pour les Américains, pour tous les alliés qui sont venus le jour j, pour les soldats Nazis allemands et ceux qui ont le plus souffert à cause de cette guerre et pour la situation d’aujourd’hui. Tout le monde a besoin de paix, de pardon et de réconciliation, et c’est le bon endroit pour commencer.  Tous les Allemands ne sont pas nazis. Cette conversation a touché les visiteurs et en particulier sur cette personne.

Je partage avec vous le résumé de notre rencontre. Elle a dit: «J’ai été ici plusieurs fois pour me souvenir de mon père, un soldat français qui a été tué ici par le nazi quand j’étais encore jeune.» Ce n’est que maintenant que j’ai entendu cette sœur. Je sens que j’ai besoin d’entendre ça qui apporte la paix à mon cœur. Nous prions toujours pour mon père, surtout quand je viens ici, mais tu m’as fait penser à prier aussi pour les nazis qui ont tué mon père. Il y a de la haine dans mon cœur. Comme vous l’avez dit, cette haine est une autre forme de violence que je dois lâcher. Aujourd’hui, c’est mon jour de libération. Nous avons prié ensemble pour son père et pour ce soldat nazi inconnu devant le statut de Notre-Dame de la paix plein d’émotion mitigée, mais pour elle, elle célèbre le jour j, la libération de son cœur. Aujourd’hui … sa visite dans l’église est devenue son premier pèlerinage vers la paix et la réconciliation.

« Un Pèlerin de Paix »

Marijo, notre sœur Philippine/américaine nous partage son expérience d’accueil dans l’église.

 

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