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N° 38 Février 2017

« Il y a un chemin vers la paix qui transcende les cultures, traverse les barrières

et touche ce qu’il y a de plus profond dans les religions et le cœur de chacun »

Jean VANIER

La dernière lettre de nouvelles invitait à écrire ensemble l’année ouverte… Février s’est alors mis à chanter : « On écrit sur les murs les noms de ceux qu’on aime ; des messages pour les jours à venir ». Et notre cœur s’est rempli de visages et de noms !

Visages nouveaux des Sœurs de Notre Dame venues le 3 février découvrir la maison de la Paix et partager non seulement le goûter mais la prière des Vêpres. Visage familier de Marie Paul qui, le 4 février, nous revenait tout droit de Münster, heureuse de la riche expérience d’un mois en Allemagne. La voici prête à dialoguer avec les futurs pèlerins allemands de passage à Sainte-Mère.

Au fil des jours, que de visages et de noms ! Le 7 février, c’était Monique ; le dimanche 12, les sœurs du nord Cotentin ont eu joie à venir nombreuses pour un moment de convivialité. Et les 16, 17 et 18 février, le Conseil général des Sœurs de la Divine Providence de St Jean de Bassel, Suzanne, Céline et Marie Noëlle ont traversé la France pour connaître le lieu où leur sœur Marie Paul atterrissait quelques mois plus tôt. Il est bon de se reconnaître « sœurs en humanité » que l’on soit alsacienne ou nantaise, congolaise ou centrafricaine, indienne, américaine, indonésienne, malgache ou canadienne, de familles religieuses différentes. Oui, « on écrit sur les murs pour que l’amour se lève un beau jour sur le monde endormi » !

Joie des rencontres, mais aussi tristesse partagée lorsqu’un visage souriant comme celui de Jean disparaît à nos regards après une brève maladie : c’était un ami bénévole et familier de la Maison de la Paix : n’est-ce pas lui qui venait régulièrement tondre une partie de la pelouse et tailler les haies pour rendre l’accueil plus agréable ? Merci à Jean et à Jeanine pour cette présence discrète et efficace.

Nous avons aussi partagé, après la session de février au Centre Sèvres à Paris, le témoignage bouleversant des Sœurs Myriam et Rima, Libanaise et Syrienne, sur leur vie en solidarité avec les pauvres, dans un contexte de guerre et de violences quotidiennes : « nous étions liées par une même prière : tendresse ultime d’une humanité enfin partagée ».

Humanité partagée au milieu des ruines ; humanité partagée dans le long cortège des migrants et des réfugiés à la recherche d’une vie meilleure dans nos pays en paix. Après la « soirée migrants » du 30 janvier à Sainte-Mère-Eglise, une rencontre a eu lieu à la maison le 13 février. Vingt-deux personnes sont venues réfléchir à la manière de participer à l’accueil

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pour l’une ou l’autre famille. Ce soir-là, la situation concrète d’une famille en détresse sur Carentan a mobilisé les énergies des uns et des autres : il fut décidé de créer un collectif de personnes et d’associations avec l’objectif immédiat d’assurer une aide provisoire. Cette famille de trois enfants, déboutée de sa demande d’asile, est dans l’attente d’une réponse à une démarche de recours. C’est ainsi que trois journées d’informations et de vente de crêpes sur la place publique ont eu lieu en février, les 11, 18 et 25: avec d’autres, la Maison de la Paix y a pris une part active. Quels chemins de justice et de paix ouvrir dans ce monde qui dresse des murs et des barrières de toutes sortes pour se protéger ?

« Il est difficile de croire que la paix est entre mes mains et pas seulement entre les mains des stratèges et des grands » écrit Roger Etchegaray. Et pourtant, des jeunes osent y croire. Le 20 février les trois jeunes « ambassadeurs de la paix » Andjie, Baptiste et Léa sont revenus enchantés de leur semaine intense aux Etats Unis. Ils ont rencontré d’autres jeunes lycéens et plusieurs vétérans devant lesquels ils ont célébré la paix à travers le théâtre. Viendraient-ils partager quelque chose de leur expérience au terme de la prochaine assemblée générale des Amis de la Maison de la Paix, le 30 mars prochain ?

Pendant ces semaines, le printemps a essayé à plusieurs reprises de pointer le bout de son nez : le jaune lumineux des jonquilles appelle le soleil. Le Musée Air Born a rouvert ses portes et les touristes commencent doucement à arriver. Le cahier dans l’église en porte la trace au moment où s’ébauche la réalisation du parcours annoncé qui permettra aux visiteurs de devenir pèlerins. Notre Sœur Jacqueline, Canadienne, venue pour deux mois dans le cadre d’un « Venez et voyez » s’initie peu à peu à toutes ces découvertes tout en apportant son expérience et son accent canadien, pour le plaisir de tous. Emotion pour elle en visitant Juno Beach et le musée canadien de Courseulles-sur-Mer. Au moment de la dernière guerre, sur les onze millions d’habitants que comptait alors le Canada, un million des ses frères canadiens ont débarqué en Europe dont beaucoup en Normandie.

Le 26 février, Barbara et Francine ont offert à une quarantaine de personnes la joie de revoir en diaporama le déroulement de la Marche internationale pour la Paix vécue en 2016, sur fond de rétrospective des dix premières marches pour la Paix. Belle réalisation ! Là encore, que de noms et visages évoqués qui réveillent la mémoire de ces temps forts de fraternité et de convivialité. Merci à Barbara et Francine.

De son côté, Anne-Françoise apporte un point d’orgue à ce mois de février en participant à la préparation du grand rassemblement des jeunes lycéens de l’Enseignement catholique. Les projets pour Mai et les mois suivants commencent à prendre corps et mobiliseront à nouveau la Maison de la Paix. Jean Vanier nous y encourage : « Si nous travaillons pour la paix, même sans en voir les fruits, nous deviendrons plus pleinement humains et marcherons ensemble sur la route de la tendresse, de la compassion et de la Paix. Une nouvelle espérance sera née ».

Sr Simone Delaunay

www.maisondelapaix-normandie.org

 

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