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N°  23  – JUILLET   2015-

 

« Il faut que la justice soit forte pour que la force ne devienne pas justice »

  1. avocat congolais, demandeur d’asile

 

Le Liban plie sous le nombre des réfugiés syriens, le tunnel sous la Manche avale des migrants ivres de liberté, un bébé palestinien est brulé vif par la haine attisée, et l’on continue inexorablement de croire que la paix est possible.

Le mot paix se décline dans toutes les langues et irrigue le monde comme la sève nourrit l’arbre. La Maison de la Paix, continue cahin-caha, goutte de paix dans l’univers, écrivant jour après jour de nouvelles pages.

Page blanche comme on écrit le livre de la vie. Après deux jours vécus en communauté à Lisieux, sur les pas de sainte Thérèse, les 2 et 3 juillet, nous nous sommes retrouvés autour de sœur Thérésita , ce même soir du 3 juillet pour un « au revoir » . Trois ans et demi déjà !  Nous nous étions apprivoisées, comme le souffle le Petit Prince. Mais notre vie religieuse fait de nous quelque part des nomades de la mission, et sa congrégation allemande l’a rappelée pour un autre service. Soirée autour d’elle d’une grande chaleur fraternelle dans la diversité. Toute une équipe de bénévoles, les fidèles, comme nous avons plaisir à le dire, avait  préparé le grand barbecue aux effluves de saucisses grillées pour près de 150 personnes. Merci  monsieur météo, pas chaud mais sec !

« Je suis venu de grand cœur pour prier et travailler pour la paix et aider à guérir les blessures que mon peuple a causées » disait avec une émotion partagée Thérésita dans son message d’au-revoir. «  Nous avons vécu beaucoup de choses ensemble, apprenant les uns des autres, partageant nos  cultures, nos expériences, nos manières de penser » Fée musicienne, Thérésita a « été un instrument du grand orchestre de l’univers dont le chef d’orchestre est Dieu » comme elle a aimé nous le dire. Oui Thérésita ! Mais tu es partie sans vouloir goûter les fruits de mer, hommage à la création, comme on se le disait souvent ensemble !

Pour aujourd’hui sœurs Simone et  Anne-Françoise restent ancrées dans cette mission, ouvrant des horizons nouveaux dans l’espérance que d’autres sœurs viendront les rejoindre. Il y a toujours une aurore quelque part.

A l’horizon proche, une consacrée Israélienne de Nazareth se prépare à nous rejoindre pour un mois. Nous sommes en lien aussi avec une sœur maronite libanaise de spiritualité thérésienne qui devrait arriver fin août «  pour voir » ! Et depuis fin juillet Mariethres, religieuse allemande de la congrégation des Filles du Saint Esprit est avec nous pour un mois également. Clins d’œil du ciel pour aujourd’hui, et si c’était aussi pour demain ?

Après la visite d’amis angevins pour quelques jours nous avons accueilli le dimanche 26 juillet d’autres amis accompagnés d’un couple de demandeurs d’asile ayant fui leur Congo. Lui, avocat de grand renom n’a pu défendre de manière juste un client au procès bâclé. Revenant d’un voyage touristique en Europe D.  et sa femme  ont été arrêtés à l’aéroport, emprisonnés et torturés : leur délit ? être opposés au régime en place. Ils ont du fuir précipitamment laissant leurs trois jeunes enfants chez une grand-mère. Rencontre, séquence émotion et respect.

Mardi 28 juillet, après un marathon de préparation, inauguration du Jardin de la Paix sur le thème «  Chemins d’exils/ Rêves de Paix ». Nous voulions reprendre le thème de la marche de la paix. Des témoignages d’exilés arrivés dans notre département bousculent notre indifférence et nous provoquent à écouter, accueillir, respecter ceux qui frappent à notre porte, parce là-bas, chez eux les libertés sont bafouées. De Mongolie, d’Erythrée, du Cameroun, de Sierra Leone, d’Arménie… ils sont là,  à Coutances, Saint Lô, Cherbourg, rêvant de paix, de liberté, de justice.. Exilés aussi, gens de chez nous, partis jusqu’en Argentine pour trouver une terre nourricière. Nous avons recueilli leurs témoignages. Vous pouvez lire les récits librement dans le Jardin de la Paix, ouvert chaque jour de  10h. à 18h.

Sur la place de Sainte Mère les camping-cars tutoient les voitures et se disputent les places de parking, pendant que les guides s’évertuent à expliquer les combats comme s’ils y étaient.  Nous avons repris nos permanences à l’église, tantôt Babel, tantôt Pentecôte au gré des visiteurs / pèlerins. Le mouvement est continu. Les pages  du cahier blanc servent d’écrin aux intentions jaillies du fond des cœurs. Jardin d’humilité et de confiance, toutes langues confondues,  les mots s’écrivent pour demeurer encore et  les veilleuses vacillent au pied de Notre Dame.

«  Ici ,une paix intérieure et une grande quiétude m’envahissent »

« Papy, on pense beaucoup à toi, j’ai mis une veilleuse colombe de la paix qui t’envoie plein de bisous » ton petit fils Thomas 

« C’est joli ici, quand j’entends le mot paix, je pense à quand on s’entend les uns les autres et qu’on vit en harmonie » Lucie

« Marie, je vous demande de guérir petit Pierre et de donner le courage à ses parents pour supporter tous les traitements. Dites à mon mari  que je pense à lui » E.

Gerbes de cœurs comme un bouquet de fleurs, le cahier est un recueil.

Pour la Maison de la Paix

Sœur Anne-Françoise Angomard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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