Colombe entourée des marcheurs, place de l'église

Colombe entourée des marcheurs, place de l’église

« On n’a pas le même drapeau, ni la même couleur de peau. On n’a pas le même langage, la même culture, les mêmes images. Mais chacun de nous est vivant avec la même couleur de sang …on a tous une main à tendre … et le pouvoir d’en faire une chance » chanteur Grégoire

Samedi 30 mai 2015, la marche internationale pour la paix – cette année le thème retenu était « Chemins d’Exil/ Rêves de Paix ». Nous voulions que cette marche soit habitée d’un sujet brûlant d’actualité : les longues cohortes de migrants qui fuient leur pays et dont beaucoup n’arrivent pas au bout de leur rêve. Marcher en mettant des visages, des images, des récits. Marcher non comme on randonne mais comme on communie quelque part à l’humanité. Nous étions entre 700 et 800 qui sont marché de Picauville à Sainte Mère Eglise via Beuzeville la Bastille et Chef-du-Pont.

Un livret de textes sur le sujet accompagnait les marcheurs. A l’arrivée sur la place, au son de la volée des cloches, tous les participants rassemblés évoquaient sur le sol une colombe de la paix, géante. La célébration œcuménique qui suivait avec un prêtre catholique, un prêtre orthodoxe et un représentant de l’église protestante unifiée, transcendait dans le rassemblement et la prière ce que chacun venait de vivre, individuellement, et avec les autres. Pas de fête sans repas, rires et chants, ainsi allait la journée jusqu’au soleil couchant.

« Chemins d’exil/rêves de paix ». Ne les oublions pas : « ils sont des milliers à partir à l’autre bout de la terre, parce que là-bas, nulle part, on leur a dit que ce serait l’Eden. Ils ont cru, ils croient encore et marchent, s’effilochant jour après jour, la rage de vivre déchirant leurs entrailles…Ils sont des milliers déchirés par les ronces de la vie… ainsi vos nos frères, ne sachant plus combien de jours, de nuits, de tempêtes. Ils sont là… ».
Sœur Anne-Françoise Angomard

marche internationale 2014

marche internationale 2014

Derrière c’est le feu, le sang, les larmes et les ruines. Partir. Chaque nuit, chaque jour, comme un tam-tam géant qui ne cesse de gronder au creux de l’âme, partir se scande inexorablement. Fuir, saisir au passage des bouts de riens et rejoindre la cohorte des femmes, hommes et enfants qui n’en peuvent plus de ces années sans espoir, sans soleil, sans « demain ». De longs fleuves humains rejoignent les rives d’une mer trop souvent ogresse. Chemins d’exil!
Ils sont des milliers à partir à l’autre bout de la terre, parce que là-bas, nulle part, on leur a dit que ce serait l’Eden. Ils ont cru, ils croient encore et marchent, s’effilochant jour après jour, la rage de vivre déchirant leurs entrailles. Rêves de paix! Rêve qui fait tenir et qui vous tient debout quand les genoux fléchissent, rêve qui esquisse un pas de danse quand l’horizon n’est pas mirage, rêve qui vous jette dans le regard de celui qui vous reconnait comme frère.
Ils sont des milliers à déchirer leur cœur, bras tendus, mains suppliantes, yeux rougis, corps meurtris, déchirés par les ronces de la vie. Ils sont des milliers osant croire que tout commence, recommence, que le cauchemar est terminé. Ils viennent d’arriver au port, havre de paix, oasis d’espérance, terre d’abri !
Ainsi vont des frères, ne sachant plus combien de jours, de nuits, de tempêtes. Ils sont là, jetés dans les filets de ce que fut leur rêve. Ils sont partis, pas encore arrivés.
Nous marchons avec eux, pas encore arrivés, car la paix est au bout du chemin, là tout près, au bout de soi-même. L’exil est au-dedans de nous, la paix est au profond de l’être.

Pour la communauté Notre Dame de la Paix
Sr. Anne-Françoise Angomard

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